Bien entendu, le texte que vous êtes en train de lire vous semblera manquer en toute logique d’objectivité. J’y ai choisi d’attirer votre attention sur un artiste qui d’après moi, joue un rôle essentiel dans l’art contemporain depuis plus de quarante ans.
Juin 1985, la galerie Polaris que je venais d’ouvrir (15 mètres carrés) au 25 rue Michel Le Comte à Paris dans le 3em présente la première exposition personnelle de Speedy Graphito : « meurtre dans un château anglais » . Novembre 2025, 40 ans plus tard, je ne peux être plus heureux de présenter la 18ème exposition de Speedy Graphito avec la galerie Polaris :
« Si vous avez loupé le début ».
Comme l’indique son titre, cette exposition et cette publication vont vous permettre de réaliser un étonnant parcours dans la carrière de cet artiste. Le pluralisme qui règne dans l’art contemporain peut dérouter. C’est pourquoi aujourd’hui est un moment privilégié de pouvoir survoler dans ces quelques pages, 40 années de créations et d’audace.
Ouvrez bien les yeux, et suivez Speedy Graphito qui nous sert de guide.
Si de nombreux changements s’opèrent chez les peintres depuis plusieurs années, Speedy Graphito poursuit avec constance et cohérence une recherche picturale qu’il a commencée il y a 42 ans.
C’est en 1984 que Speedy Graphito commence à s’exprimer dans les rues en bombant sur les murs au pochoir son personnage Dédé le démon lequel sera décliné par son auteur dès 1985 en ange, en démon, en cavalier (notamment pour l’évènement la ruée vers l’art, lancé par le ministre de la culture de l’époque Jack Lang). Ce personnage devenu iconique passera de la rue à l’atelier, et continuera encore pendant quelques années à se montrer sur les murs de Paris et d’ailleurs.
Toujours hanté par cette nécessité intérieure de l’artiste, Speedy Graphito a toujours été libre d’agir comme il le souhaite. S’étant toujours affranchi de l’obligation de représentation, cet ex marginal de la société, a su s’intégrer consciemment dans le monde de l’art en habitué de l’image médiatique et de l’histoire. Il ne s’agit plus de reproduire la réalité visible, mais de libérer la figuration de toutes ses contraintes.
Cette œuvre protéiforme , libre et autonome, nous invite à chaque exposition à regarder vers un nouveau langage. Doué d’une curiosité artistique insatiable et d’un élan créateur, Speedy Graphito a expérimenté pour chaque nouvelle série, (et maîtrisé avec succès) plusieurs techniques : du pochoir ou des fresques sur les murs, la gravure, la sérigraphie, la photographie, la sculpture sur bois, la céramique, le décor de théâtre, la musique, la poésie, la vidéo…et bien évidemment la peinture sur toile .