Open From Tuesday to Saturday from 11 am to 7 pm Sunday 2 – 6 pm

Venez découvrir notre galerie :

Galerie Polaris

15, rue des Arquebusiers

75003 Paris

 

Tél. +33 (0)1 42 72 21 27

polaris(at)galeriepolaris.fr

 

Du mardi au samedi de 11h à 19h + 1 dimanche sur 2
From Tuesday to Saturday from 11 am to 7 pm + Sunday 2 – 6 pm

Biennale de Venise 2026 – Pavillon Francais <br> – Yto Barrada – Comme Saturne

Yto Barrada
Pavillon français : Comme Saturne
61e Exposition Internationale d’Art – La Biennale di Venezia
9 mai au 22 novembre 2026


Sous le commissariat de Myriam Ben Salah.
Yto Barrada représente la France à la 61e Exposition Internationale d’Art – La Biennale di Venezia avec le projet Comme Saturne, sous le commissariat de Myriam Ben Salah. L’Institut français est l’opérateur pivot du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et du ministère de la Culture dans la mise en œuvre de la politique culturelle extérieure de la France. À ce titre, il met en œuvre le Pavillon français aux Expositions Internationales d’Art et d’Architecture de La Biennale di Venezia ».

Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Myriam Ben Salah, la commmissaire

Comme Saturne se déploie comme un ensemble de fragments : textiles, couleurs, mots, objets et formes circulent à travers le pavillon et se répondent. 
Le titre renvoie à Saturne, à la fois planète et figure mythologique : dieu du temps, des cycles, de la destruction et du renouveau. A la Renaissance, on disait que les artistes étiaent nés sous Saturne, ils étaient associés à la mélancolie et à la pensée lente. Ici et maintenant, cette figure permet d’intérroger la transmission des savoirs et leur effacement. Le projet naît d’une méthode fondée sur l’association et la contrainte : un mot en appelle un autre, une technique ouvre sur un mythe, une couleur renvoie à une histoire matérielle et politique.

L’exposition constitue une crisallisatin temporaire des recherches cumulatives d’Yto Barrada.

Au coeur du projet, la technique textile du dévoré — qui consiste à dissoudre certains fibres avec de l’acide pour créer des motifs par transparence — agit comme une analogie. Elle engage une réflexion sur le travail du temps, l’usure et les formes générées par l’altération et la destruction. Le titre fait aussi écho à la phrase du révolutionnaire Pierre Victurnien Vergniaud : «Comme Saturne, la révolution dévore ses enfants ».

Les textiles et les couleurs sont abordés ici comme des formes de connaissance. Ils portent des gestes, des savoir-faire, mais aussi des histoires des circulation, d’industrie et d’extraction. Comme Saturne propose ainsi un outil de survie poétique, entre dérision, inquiétude et sérieux — une manière de ne pas rester mélancolique, mais d’habiter lucidement l’instabilité du monde. 

Salle de l'égide

Dans le péristyle, trois sculptures en peau de chèvre flottent entre les colonnes. Leur forme s’inspire des cerfs-volants créés par Graham Bell (1902). Car l’inventeur du téléphone nourrissait aussi un rêve d’enfant : construire une machine volante capable de transporter des êtres humains. Le cuir renvoie au monde terrestre ; le triangle, à la théorie des couleurs ; le cerf-volant, au jeu, au ciel et à la spiritualité. Dans de nombreuses traditions, ce dernier permet de créer un lien avec l’au-delà, dans un geste d’élévation. Tous ces éléments traversent l’ensemble des salles du pavillon où tout circule et se répond.

 

Vue d'exposition Photo © Galerie Polaris
Salle des plis

À partir du XVIIIe siècle, la Modernité s’installe en Europe. Et avec elle, une confiance dans l’objectivité de la science. On mesure, on classe, on organise. On découpe le monde en catégories stables pour mieux le dominer. Ici, au contraire, le décentrement est la règle. Yto Barrada voit dans le plan même du pavillon une boîte que l’on aurait mise à plat. Elle déplie des formes géométriques qu’elle recouvre de cire pour en souligner les plis.
Dans cette salle, le temps n’est pas linéaire mais cyclique, c’est le temps du dieu Saturne. Les rideaux de laine bicolore, actionnés par des mécanismes appelés patiences, s’ouvrent et se referment de manière imprévisible. Le dessin d’une robe « couleur du temps », inspirée du conte de Perrault (1694) et du film Peau d’Âne (1970) de Jacques Demy, est caché dans les plis. Pendant la durée de l’exposition, la lumière du jour va peu à peu altérer la couleur des rideaux. Patience, le temps fait son travail. Il les dévore lentement.

Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Salle des études

La teinture naturelle est un art et une science qui conjugue maîtrise technique et savoir théorique. Les 74 études de couleur sur laine présentent 5 ensembles (“la mi-graine”, “le demi-cramoisi”, “l’épuisement”, “le truchement” et “le domestique”), une nouvelle théorie des couleurs proposée par l’artiste. Elle montre une alternative aux sciences modernes de la couleur, réservées aux cultures industrielles et picturales. Obtenir une teinture à partir de deux couleurs, on peut en obtenir trois : 1 + 1 = 3.
Yto Barrada réintroduit le jeu dans la rigueur de ces savoir-faire vieux de 15 000 ans. Une nouvelle partie s’engage : dans le film, elle tente de construire un château de cartes avec ces feuilles colorées de la gamme Color-aid, en référence au film de Richard Serra (1971) et à Josef Albers.

Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Salle de la mélancolie

Longtemps considérée comme une maladie, liée à la peur et à l’inaction, la mélancolie devient à la Renaissance un signe de génie et l’attribut des artistes, que l’on dit alors gouvernés par la planète Saturne. Yto Barrada revendique cette filiation. Elle présente ici des affiches typographiques composées de jeux de mots (phrase mnémotechnique pour retenir l’ordre des planètes du système solaire, liste de mouvements artistiques, jeux de mots avec le prénom Yto et la cécité temporaire…).
La salle de la mélancolie est aussi celle de la technique du dévoré. On la retrouve dans les quatre lunes de Saturne, ainsi que dans des fragments d’études de couleur sur soie, soumis à des tests de résistance à la lumière, comme s’ils avaient vieilli prématurément. En hommage au chimiste Eugène Chevreul, connu pour son travail sur la teinture et la perception des couleurs, Barrada a aussi réalisé une série d’œuvres en cuir et sur tissu.

Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Salle de travail

Yto Barrada présente dans cette salle des photographies faites à partir d’exercices de couture sans fil, ainsi que divers ouvrages pédagogiques qui prodiguent des « leçons de choses ». Mais le travail n’est pas qu’apprentissage, il est aussi contrainte. Les muselières anti-tétée, qui empêchent les chevreaux de boire le lait de leur mère, renvoient à la productivité des corps. La même économie que les Luddites et d’autres groupes ouvriers dénonçaient en Angleterre et en France au XIXe siècle, s’opposent à la mécanisation du travail textile. La grande tapisserie reprend le dessin du carton d’orgue de barbarie qui joue la partition de Détruire en chantant, une chanson que des artisans briseurs de machines entonnaient sur l’air de La Marseillaise.
On passe du carton d’orgue à un cartoon, avec le dessin animé américain Billy Boy (1954) qui met en scène un chevreau qui dévore tout sur son passage.
L’artiste poursuit une réflexion sur la noirceur avec un grand collage de tissus noirs, le noir étant connu pour être la couleur la plus difficile à obtenir en teinture. En arabe, la laine se dit al-souf : un mot qui, par homophonie, aurait donné soufisme, car les premiers ascètes, dans une forme de dépouillement, portaient de la laine. Un carré de laine bouclée, teinté en noir, provient de la confrérie d’Ouazzane au Maroc.
On retrouve, avec la référence à la spiritualité et au mysticisme soufi, l’élévation des cerfs-volants du péristyle. La fin rejoint le début. Comme Saturne, ça tourne

Vue d'exposition - Photo © Jacopo La Forgia - Institut Français
Avec le soutient de 
Biennale di Venezia 
Ca’ Giustinian, San Marco 1364/A
30124 Venice
Tel. +39 041 5218711
email info@labiennale.org
https://www.labiennale.org/en