Harald Fernagu / Mes Colonies

 

Harald Fernagu
Mes Colonies
Exposition personnelle
Du samedi 3 septembre 2016  au samedi 15 octobre 2016.

 

Harald Fernagu / Les grands inconnus / Les grands inconnus / Photographie encadrée d'un poilu, coquillages, peinture noire / 2015

Harald Fernagu / Les grands inconnus / Les grands inconnus / Photographie encadrée d’un poilu, coquillages, peinture noire / 2015

 

L’exposition de Harald Fernagu ne requiert peut-être rien d’autre de la part du visiteur qu’un regard et un peu d’humour.
Les sculptures de la série Mes Colonies , qui parcourent le sol de la galerie Polaris, l’une après l’autre et dans le frottement de l’une avec l’autre, sont le produit d’une réflexion sur le territoire et sa représentation. On ne peut que tenter de deviner la forme originale de la sculpture qui se retrouve recouverte de coquillages, pour lesquels l’artiste a gardé les couleurs naturelles ou repeint l’ensemble en noir. Chaque sculpture recouverte est une projection. L’exposition de Harald Fernagu , souligne  habilement tout le paradoxe de «l’origine« de l’œuvre, et montre, preuves à l’appui, «que si les sculptures disent vrai» , leur vérité remplace pleinement la subjectivité du «vainqueur».
Ici, précisément il s’agit de formes et de provenances que d’autres pays ont fabriqué, à l’imitation d’un continent africain, et (re) mise en forme(s) par l’artiste.
D’où ce titre de mes colonies qui donne à l’exposition sa colonne vertébrale.
Le territoire de l’exposition a été préparé par de nombreuses recherches de Harald Fernagu sur la «nouvelle» histoire de la sculpture africaine historique (mais contemporaine) née avec tourisme de masse.
L’exposition scande l’histoire des techniques vraies et fausses de la sculpture africaine, tout en les
transformant, les recouvrant, partiellement ou totalement, afin qu’elles deviennent des œuvres d’un autre monde, d’un autre territoire, d’une autre époque.

Étrange ressenti du spectateur qui hérite de formes dont ils devine l’origine, tout en ne pouvant s’empêcher de voir et d’imaginer la nouvelle forme naissante que nous offre l’artiste.
La technique du collage (l’artiste de façon rituelle, colle lui-même chaque coquillage un par un, reprenant les codes d’une lointaine esthétique «tribale», et, plus proche de nous, ceux d’une esthétique populaire qui transcende nos souvenirs de plage en créant avec eux des objets de pacotilles) mais
aussi les codes-couleurs des accumulation de coquillages ou d’ardoises transforment et transportent ces sculptures d’un siècle à un autre.
La série des Grands Inconnus, représente d’authentiques photographies de portraits de
soldats de la Grande Guerre. D’eux, on ne verra jamais les visages, ils sont pourtant là mais recouverts de milliers de coquillages peints en noir. Seuls les détails, vestimentaires, une paire de gants, une cigarette, un galon, la pose prise par le soldat, permettent de restituer la position sociale du Grand Inconnu. Harald Fernagu replace ces hommes sur le mur, auquel était destiné ces photographies.
Une réhabilitation à l’aide d’une nouvelle esthétique.

En présentant ces deux séries face à face, Harald Fernagu ouvre de nouvelles perspectives quant à l’objet réel en lui offrant matière à un nouvel itinéraire. Mes Colonies sont prêtes pour de nouveaux territoires de l’exotique.



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